Mardi 13 décembre 2011
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La Région Ile-de-France s’apprête à voter en séance plénière le budget 2012.
Placé sous surveillance négative de la part de Standars and Poors, le conseil régional se devait de prendre les mesures nécessaires pour éviter la perte du triple A. Or, à l'évidence, le
président Huchon n'a pas su imposer à sa majorité les décisions nécessaires, alors même qu’en 2012 la Région bénéficiera de recettes supplémentaires supérieures à 100 millions d’euros.
« L'évolution des dernières années est marquée par un doublement de l'endettement de la région qui représentait moins de 2 milliards d'euros en 2004, plus de 4 milliards en 2011 »,
indique le groupe ARES au Conseil Régional. Sa capacité de désendettement qui était de 2,2 ans en 2004 représente aujourd’hui plus de 6 années en 2011.
Sous l'effet des très nombreux amendements déposés par les groupes de la majorité régionale l'emprunt en 2012 devrait être proche de 900 millions d'euros. D'après les simulations effectuées par
la région elle même dans le document d’orientations budgétaires, un tel niveau d'endettement met durablement en danger les finances régionales et induit un effet d'éviction sur les politiques
publiques. Avec un tel niveau d'endettement, le poids annuel de la charge de la dette représenterait autant que les dépenses cumulées dans le domaine du logement, de la politique de la ville, de
la solidarité, de la culture, du sport, de la sécurité, de l'enseignement supérieur et de l'action internationale !
Les bonnes intentions du Président Huchon n'ont pas convaincu sa majorité s'apprêtant à voter de nombreux amendements au projet de budget.
Dans son aveuglement, des groupes de la majorité régionale vont même jusqu'à proposer de rompre le contrat avec Standars and Poors, préférant comme le dit l'adage "casser le thermomètre
plutôt que de soigner la maladie".
Cette incapacité de la région à s'imposer une rigueur budgétaire se retrouve notamment dans sa difficulté à maîtriser l'évolution de ses effectifs. En 2012 alors qu'aucun transfert de nouvelles
compétences n'a lieu la région s'apprête à créer 80 postes supplémentaires !
Dans le même temps, des baisses de crédit surprenantes sont à noter : Diminution des crédits pour le logement social, curieuse réponse apportée à la crise du logement… Diminution des crédits pour
l'aide aux centres d'accueil pour les personnes sans domicile fixe, aux missions locales pour l'emploi, à la construction de crèches ... .
C’est à se demander si la région n'a pas renoncé au bouclier social qui pourtant était l'élément moteur de son programme électoral il y a à peine ... 2 ans.
Seul élément de satisfaction, le budget transport connaît une augmentation grâce aux nouvelles recettes attribuées par l'Etat, soit plus de 114 millions d'euros, ce qui permet de mettre en
œuvre les projets inscrits dans l'accord région/Etat.
Hormis cet élément de satisfaction, les élus du groupe ARES affichent leur inquiétude quant à la gestion des finances publiques de la plus grande
collectivité d’Ile-de-France…